La terre sigillée

Il faut rendre à César ce qui appartient à César, c’est lors de l’antiquité romaine que les potiers du bassin méditerranéen ont eu l’idée d’utiliser un coulis d’argile particulièrement fin pour engober des pièces de vaisselle, et ainsi les rendre étanches.

Ces potiers avaient pour habitude de signer leurs pièces en faisant une estampe au dos avec un sceau, sigillum en latin, la sigillée était née.

Si pour les archéologues ce terme renvoie uniquement aux poteries produites à cette époque, dans la céramique contemporaine, on a tendance à appeler ‘terre sigillée’ tout engobe argileux suffisamment fin pour mériter ce titre.

Pour préparer notre sigillée, nous allons cueillir une argile, que nous faisons sécher puis réduisons en poudre. Ensuite nous la mélangeons avec de l’eau de pluie (l’eau de ville est traitée contre les fines particules !) et une petite quantité de défloculant (silicate de soude), puis nous laissons décanter

Plus on laisse décanter longtemps, plus les particules en suspension dans l’eau seront fines. Nous attendons généralement 1 mois avant de récupérer cette eau chargée en fines particules d’argiles en la siphonnant.

Avant de pouvoir utiliser cette sigillée, il nous faut évaporer une partie de l’eau au soleil, jusqu’à avoir la densité souhaitée (~1,05).

On peut alors se servir de ce précieux ‘lait d’argile’ comme d’un engobe, le couler, le passer au pinceau, à l’aérographe, mais toujours avec soin et sans trop de sur-épaisseurs, qui risqueraient de se décoller de la pièce à la cuisson.